mercurey a travers l'histoire
Si à Mercurey des traces d’occupation humaine ne sont pas attestées avec certitude aux temps de la Préhistoire, il est sûr toutefois que des hommes ont vécu sur notre territoire (ou à proximité immédiate) pendant des millénaires. En témoigne un abondant matériel lithique exhumé à Germolles, St Martin sous Montaigu, Mellecey, Chassey, Roc blanc, etc… Ces vestiges s’étendent de l’AURIGNACIEN (environ – 30 000 ans) au NEOLITHIQUE (environ – 4000 ans).
C’est en ces temps reculés que l’homme commença à se sédentariser et à défricher pour devenir éleveur ou cultivateur, édifiant ainsi nos premiers hameaux.
En vagues successives, venant surtout de l’Orient, se succèdèrent pendant plusieurs siècles et parfois cohabitèrent, les Celtes, les Ligures, les Eduens avant qu’ils ne se fondent dans la mosaïque du peuple gaulois.
C’est à nos ancêtres les Gaulois que l’on attribue la culture de la vigne sur nos côteaux et qui allait définitivement fixer le destin de notre village. Le vin et le tonneau gaulois étaient connus avant l’invasion romaine, 50 ans avant Jésus-Christ. L’empereur romain DOMITIEN en l’an 92 ordonna même l’arrachage des vignes (pour faire place à des cultures vivrières). Heureusement, en 280, l’empereur PROBUS annula cette mesure.
MERCUREY tire probablement son nom d’un temple construit par les Gallo-romains et consacré au dieu MERCURE. La localité s’allongeait déjà de part et d’autre du tracé de l’ancienne voie romaine : la via « Agrippa » qui reliait Lyon à la Manche par Chalon et Autun.
Les formes écrites de sa dénomination passsèrent de MERCURIUS à MERCUREIS en 577 et à MERCURIACUM en 885 d’après une charte parue sous le roi Charles le Gros.
Mercurey avait, entre temps, subi les invasions barbares et, parmi elles, celle des BURGONDES qui se fixèrent dans notre région lui donnant son nom de BURGUNDIE, notre BOURGOGNE actuelle.
Au Moyen-Age, la Bourgogne, devenue un grand duché étendit ses possessions jusqu’en Belgique et ne fut rattachée définitivement à la France que sous LOUIS XI en 1477.
Mercurey ou Bourgneuf val d'or???
La Commune de Mercurey est composée de plusieurs noyaux.
Autrefois chaque hameau vivait en petite communauté, avec son four à pain, son lavoir,… Les habitations étaient groupées et les cours communiquaient entre elles par de petits passages.
L'esprit d'appartenance était (et est toujours) très fort, on était "de Touches", "d'Etroyes",…
C'est sans doute pourquoi le rapprochement de Touches, de Bourgneuf et de Mercurey sous un même nom a pris si longtemps.
Les surnoms donnés aux habitants manifestaient bien leurs différences.
Les Glorieux de Mercurey : propriétaires, fiers de leur vin, la montre au gousset, et la chaîne étalée sur le gilet, politiquement tournés vers la monarchie.
Les Fieux d'embarras du Bourgneuf : population commerçante, républicaine et peu religieuse, ne voulant rien céder à l'ostentation de Mercurey.
Les Chouans ou les Loups de Chamirey : parce qu'ils allaient à la messe et qu'ils vivaient retirés dans leurs maisons, comme des loups dans leur tanière.
Les Baulées d'Etroyes : les habitants de ce hameau avaient l'habitude d'aller faire leur bois (illégalement) dans la forêt voisine de Marloux. L'origine de ce mot était "Bau", c'est à dire le bois.
Les Voleux de Touches : ce nom provient certainement d'un différend avec les habitants des autres hameaux.
Si l'on remonte à l'an 1000, la commune de Touches était la plus peuplée et fut le siège du « canton » avant qu’elle ne soit transférée en 1897 et ne prenne le nom de Bourgneuf Val d’Or. Cette commune prit l'ascendant en raison du développement des transports et de sa situation le long de la route Chalon sur Saône - Autun.
La dernière fusion, celle de Mercurey et de Bourgneuf, fut la plus difficile. Le principal obstacle était l'élection d'un seul Maire et d'un seul conseil municipal.
En 1829, on envisageait déjà un regroupement, mais ce n'est qu'en 1971 qu'il s'effectua.
Bourgneuf possédant le "centre" proprement dit du village avec la majorité des commerces et une population plus importante, aurait pu l'emporter sur Mercurey mais c'est le nom de Mercurey qui prédomina du fait de l'activité viticole, reléguant les autres noms au rang de hameaux.
Cette appellation d'origine contrôlée connue à travers le monde, confère à la commune un titre de noblesse qu'il n'aurait pas fallu laisser perdre. La limite entre les deux communes était définie par le ruisseau du Giroux, affluent de l'Orbize, dont le cours est souterrain à plusieurs endroits et qui passe sous les maisons provoquant des anecdotes amusantes :un boulanger cuisait son pain à Mercurey mais avait son magasin au Bourgneuf, et dans une même chambre on voyait le lit sur une commune et la table dans l'autre,un habitant d'Etroyes, Louis Perret, naquit à Touches, vécut au Bourgneuf et décéda à Mercurey sans jamais changer de logement!
La commune a hérité de ces divisions des situations parfois embarrassantes : deux cimetières, deux écoles, deux églises et un village étendu, ce qui ne facilité pas les déplacements des habitants.
D'après MERCUREY Histoire, Contes et Légendes de Paul JEANNIN NALTET, 1985,
avec l'aimable autorisation de Thierry Jeannin Naltet

